Senior Emprunteur

Retraite progressive et crédit immobilier 2026

Retraite progressive et crédit en cours : cumul activité partielle et pension, lecture bancaire, assurance emprunteur et stratégies pour seniors en 2026.

Par Jérémy Chevalier Publié le Mis à jour le

La retraite progressive permet à un salarié, un fonctionnaire ou un travailleur non salarié de réduire son activité professionnelle tout en touchant une fraction de sa pension de retraite. Étendue progressivement à de nouveaux publics depuis la réforme des retraites, elle offre une transition souple entre la vie active et le départ définitif. Pour un projet immobilier ou la poursuite d’un crédit en cours, ce statut hybride pose des questions spécifiques que les banques apprennent à instruire.

L’enjeu central est la lisibilité du revenu. Mêler salaire à temps partiel et fraction de pension complique l’analyse, même si le total mensuel reste cohérent. Cet article détaille les conditions d’accès à la retraite progressive, la manière dont les banques traitent cette ressource hybride, les spécificités d’assurance emprunteur — notamment le maintien possible de l’ITT — et les stratégies à mettre en œuvre pour un crédit immobilier dans cette phase de transition.

Régime de la retraite progressive en 2026

La retraite progressive autorise, à partir de 60 ans (sous réserve d’avoir cotisé au moins 150 trimestres), à passer à temps partiel — entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle — tout en percevant une fraction de pension complémentaire à ce temps partiel. Si l’assuré travaille à 60 % de son temps, il perçoit 40 % de sa pension provisoire ; à 50 %, il touche 50 % de pension, et ainsi de suite.

La réforme des retraites a élargi le dispositif aux fonctionnaires et aux travailleurs non salariés (artisans, commerçants, professions libérales), sous des modalités proches. Pendant la retraite progressive, l’assuré continue de cotiser, ce qui lui ouvre des droits supplémentaires intégrés au moment de la liquidation définitive. Le passage à la retraite complète peut intervenir à la demande, dès que le taux plein est atteint ou à l’âge légal applicable.

Du point de vue fiscal, salaire et pension sont imposés selon leurs règles respectives — traitements et salaires d’un côté, pensions de retraite de l’autre — chacun avec son abattement.

Banques et lecture du revenu hybride

Les banques abordent la retraite progressive comme un cumul de deux flux à documenter séparément :

  • Bulletins de salaire à temps partiel des trois derniers mois
  • Notification de retraite progressive émise par la caisse (CNAV, AGIRC-ARRCO, SRE selon les régimes)
  • Avis d’imposition consolidant l’ensemble des revenus

Le total est intégré au taux d’endettement. Plusieurs établissements gèrent ce profil sans difficulté :

  • BNP Paribas, Société Générale, LCL, Crédit Agricole : grilles standards adaptées
  • Banque Populaire, Caisse d’Épargne : très à l’aise sur les profils en transition
  • Crédit Mutuel : approche en agence personnalisée
  • Banques en ligne : intégration possible, à condition de fournir une documentation complète

Point d’attention : la banque vérifie la soutenabilité du remboursement une fois la retraite progressive transformée en retraite complète. Le passage de salaire partiel + pension partielle à pension intégrale peut entraîner une légère baisse de revenu — à anticiper dans le plan de financement.

Spécificités assurance emprunteur

À la différence d’un retraité complet, le bénéficiaire de la retraite progressive conserve une activité partielle. Cela conserve un sens à la garantie ITT (Incapacité Temporaire de Travail) sur la part salariée, même si elle est plus restreinte. La couverture pertinente combine donc Décès, PTIA et ITT (sur la part salariée), avec, le cas échéant, IPT sur ce même volet.

Les contrats senior couvrent jusqu’à 75, 80 ou 85 ans selon les compagnies. L’âge de fin de prêt reste le critère décisif. Le questionnaire médical, les surprimes éventuelles et le recours à la convention AERAS pour les profils à risque aggravé suivent les règles habituelles. La loi Lemoine de 2022 autorise la résiliation et la substitution à tout moment, sans frais.

Pour optimiser, il est utile d’évaluer si la prime supplémentaire liée au maintien de l’ITT se justifie au regard du capital restant dû et du temps restant avant la liquidation définitive.

Cas pratique chiffré

Marc, 61 ans, ingénieur passé en retraite progressive à 60 % de son temps depuis un an, emprunte 180 000 € sur 12 ans pour une résidence secondaire en bord de mer. Salaire net partiel 1 800 €/mois + pension provisoire 1 100 €/mois. Non-fumeur, en bonne santé.

  • Contrat groupe Société Générale avec ITT maintenue : taux annuel autour de 0,54 % du capital initial, soit ~972 €/an, ~11 660 € sur la durée
  • Délégation senior négociée via courtier, ITT partielle ajustée : taux moyen autour de 0,33 %, primes dégressives, coût total estimé entre 6 400 et 7 200 €

Économie estimée : 4 400 à 5 200 € sur la durée. Chiffres indicatifs, dépendants du questionnaire médical et du contrat retenu. Demandez plusieurs devis.

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Stratégies d’optimisation

  1. Présenter le double flux (salaire partiel + pension provisoire) avec documentation complète pour fluidifier l’analyse bancaire
  2. Anticiper la bascule en retraite complète : simuler le revenu post-liquidation et vérifier la soutenabilité du crédit
  3. Conserver l’ITT pendant la phase active, puis envisager une substitution d’assurance après la liquidation définitive (loi Lemoine)
  4. Activer la convention AERAS et le droit à l’oubli pour tout antécédent médical concerné
  5. Comparer les durées de prêt : un crédit calé sur la fin de la retraite progressive peut éviter le passage en retraite complète avec mensualité élevée

Pièges fréquents

  • Considérer la retraite progressive comme une retraite complète : tant que l’activité partielle se poursuit, les bulletins de salaire restent indispensables au dossier
  • Oublier la révision de la pension à la liquidation définitive : les cotisations versées pendant la retraite progressive génèrent des droits supplémentaires
  • Maintenir un contrat groupe trop coûteux : la délégation est souvent plus pertinente, surtout en bonne santé
  • Sous-estimer la baisse de revenu post-bascule : le total salaire partiel + pension partielle peut être supérieur à la pension complète future

FAQ

Questions fréquentes

Peut-on emprunter en retraite progressive ?
Oui. Les banques intègrent salaire partiel et pension partielle dans le revenu mensuel pour le calcul du taux d'endettement, à condition de documenter chaque flux séparément.
Faut-il garder l'ITT en retraite progressive ?
Sur la part salariée, oui. Une activité subsiste et une incapacité de travail peut générer une perte de revenu. À la liquidation complète, la suppression de l'ITT redevient pertinente.
La retraite progressive est-elle réservée aux salariés ?
Non. Depuis l'élargissement issu de la réforme des retraites, fonctionnaires et travailleurs non salariés peuvent aussi y accéder, sous des conditions propres à chaque régime.
Mon temps partiel doit-il être imposé par l'employeur ?
Non. Le passage à temps partiel se négocie avec l'employeur dans le cadre de la retraite progressive et fait l'objet d'un avenant au contrat. Le refus de l'employeur doit être motivé.
Combien de trimestres faut-il pour activer la retraite progressive ?
Au moins 150 trimestres tous régimes confondus, à partir de 60 ans (sous réserve des règles applicables à votre régime). Vérifiez votre relevé de carrière auprès de l'Assurance retraite.

Pour aller plus loin

Sources