Senior Emprunteur

Assurance emprunteur après infarctus : guide AERAS 2026

Infarctus du myocarde et assurance emprunteur senior : grille AERAS, délais d'accès aux conditions standards, surprimes typiques, dossier médical optimal.

Par Jérémy Chevalier Publié le Mis à jour le

L’infarctus du myocarde touche environ 80 000 personnes par an en France, avec une majorité de cas après 60 ans selon Santé publique France. C’est l’un des antécédents les plus fréquemment déclarés au questionnaire de santé chez les emprunteurs seniors masculins. Côté assurance emprunteur, le dossier passe presque toujours en convention AERAS, avec des surprimes qui peuvent dépasser 100 % avant plafonnement. La qualité du dossier médical fait souvent la différence entre une surprime à +50 % et une à +120 %.

Ce guide détaille la grille AERAS appliquée à l’infarctus, les pièces médicales clés, et les écarts importants entre assureurs sur ce profil.

Comment l’infarctus est analysé par les assureurs

Tous les infarctus ne sont pas équivalents aux yeux des médecins-conseils des assureurs. Les facteurs qui déterminent la surprime, par ordre d’importance :

L’ancienneté de l’événement

C’est le facteur n° 1. Les délais usuels :

  • Infarctus < 1 an : examen souvent reporté, peu d’assureurs acceptent le dossier sans délai.
  • Infarctus 1 à 5 ans : examen niveau 2 AERAS systématique. Surprime importante (+75 à +150 %).
  • Infarctus > 5 ans, sans récidive : examen niveau 1 ou 2 AERAS selon dossier. Surprime modérée (+40 à +75 %).
  • Infarctus > 10 ans, FEVG conservée, sans récidive : tarif quasi standard chez certains assureurs spécialisés.

La fonction ventriculaire (FEVG)

La fraction d’éjection ventriculaire gauche est le marqueur clé du pronostic. Sur l’écho cardiaque ou l’IRM cardiaque :

  • FEVG > 50 % (fonction conservée) : pronostic favorable, surprime modérée.
  • FEVG 35-50 % (dysfonction modérée) : surprime importante, niveau 2 AERAS.
  • FEVG < 35 % (dysfonction sévère) : niveau 3 AERAS, parfois refus.

Le geste effectué

  • Angioplastie + stent classique : pronostic standard.
  • Angioplastie + stent actif (DES) : pronostic favorable.
  • Pontage coronarien : surprime un peu plus marquée mais acceptation correcte si évolution stable.
  • Infarctus traité médicalement seul (pas de revascularisation) : examen plus prudent.

Les comorbidités cardio-vasculaires

Le risque cumulatif pèse beaucoup. Si vous avez aussi une HTA mal contrôlée, un diabète déséquilibré, une dyslipidémie non traitée, ou un tabagisme actif, la surprime monte rapidement.

Grille AERAS appliquée à l’infarctus

La convention AERAS encadre l’accès à l’assurance pour les profils post-infarctus. Délais d’accès aux conditions standards selon la grille de référence 2024 :

Profil post-infarctusDélai d’accès aux conditions standards
Infarctus mineur, FEVG conservée, sans récidive5 à 7 ans
Infarctus modéré, FEVG conservée7 à 10 ans
Infarctus sévère ou récidiveExamen niveau 2 ou 3 systématique
Pontage coronarien sans complication5 à 8 ans
Pontage avec complications post-opNiveau 2 ou 3

Pendant le délai d’accès, la surprime est plafonnée par la convention AERAS. Hors plafonnement spécifique, la surprime brute est limitée à +100 % en niveau 2.

Constituer son dossier médical post-infarctus

Le dossier remis à l’assureur fait la différence entre une surprime à +50 % et une surprime à +150 %. Pièces obligatoires :

  • Compte rendu d’hospitalisation initial avec localisation de l’infarctus (territoire coronaire), traitement (angioplastie, stent, pontage, médical seul), complications éventuelles.
  • Compte rendu coronarographique initial.
  • Écho cardiaque récent (< 6 mois) avec FEVG mesurée et cinétique segmentaire.
  • ECG de repos récent et idéalement épreuve d’effort si réalisée dans l’année.
  • Bilan biologique : NFS, créatinine, bilan lipidique complet (LDL cible < 0,55 g/L post-infarctus), HbA1c (recherche diabète).
  • Liste des traitements en cours avec posologies (typiquement : bithérapie cardio + statine + IEC + bêta-bloquant).
  • Suivi cardiologique annuel des deux dernières années.

Pièces optionnelles très utiles

  • Lettre de synthèse du cardiologue datée, résumant l’évolution, l’équilibre des facteurs de risque, le pronostic à long terme.
  • Holter ECG récent : recherche d’arythmies post-infarctus.
  • Test d’effort : confirme l’absence d’ischémie résiduelle.

Conseil : ces pièces optionnelles font baisser la surprime moyenne reçue de 25 à 40 points chez la plupart des assureurs.

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Surprimes constatées par profil type

Pour donner des ordres de grandeur, voici les surprimes médianes observées en délégation senior :

ProfilSurprime décèsNiveau AERAS
Infarctus < 2 ans, FEVG conservée+100 à +150 %Niveau 2
Infarctus 3-5 ans, FEVG conservée+75 à +120 %Niveau 2
Infarctus 5-10 ans, FEVG conservée, sans récidive+50 à +75 %Niveau 1 ou 2
Infarctus > 10 ans, FEVG conservée, sans récidive+30 à +50 %Niveau 1
Infarctus avec FEVG 35-50 %+100 à +150 %Niveau 2
Infarctus avec FEVG < 35 %+150 % à refusNiveau 3

Ces surprimes peuvent être plafonnées par la convention AERAS si vous remplissez les conditions de ressources (RFR ≤ ~50 000 € célibataire, capital ≤ 320 000 €, fin de prêt ≤ 71 ans). Dans ce cas, la cotisation totale ne peut excéder 1,4 point de TAEG.

Quels assureurs privilégier après un infarctus

D’après les remontées des courtiers spécialisés en risques aggravés :

  • AFI ESCA : très bonne maîtrise des dossiers cardio, examen médical fin, surprimes mieux plafonnées.
  • MNCAP Senior : politique d’acceptation large sur les infarctus anciens (> 5 ans) avec FEVG conservée.
  • Securimut : courtier-grossiste qui pousse votre dossier en parallèle chez 5-7 assureurs spécialisés AERAS.
  • April Senior : compétitif sur les infarctus > 10 ans bien stabilisés.

À l’inverse, les contrats groupe bancaires sont systématiquement les plus chers ou refusent les infarctus < 5 ans. La délégation est quasiment toujours indispensable.

Économie type sur cas pratique

Profil : Homme, 64 ans, infarctus à 58 ans (6 ans), angioplastie + stent actif, FEVG 55 %, sous bithérapie cardio (Aspirine + Plavix) et statine, suivi cardiologique annuel normal. Capital 200 000 € sur 12 ans, non-fumeur sevré 8 ans.

ContratTaux annuelCoût total 12 ans
Cardif (BNP, refus initial puis accord +110 %)1,15 %27 600 €
Délégation AFI ESCA (surprime +60 %)0,68 %16 320 €
Économie11 280 €

L’écart se creuse avec l’âge et avec la complexité du dossier. Sur un infarctus < 5 ans avec FEVG modérée, l’écart peut dépasser 18 000 € sur la durée résiduelle.

Récidive ou seconde intervention coronaire

Si vous avez eu deux événements (infarctus initial + récidive ou seconde angioplastie ultérieure), le dossier passe systématiquement en niveau 2 AERAS, voire niveau 3 selon le délai. Trois écueils :

  1. Ne pas dissimuler la récidive dans le questionnaire, même si elle est ancienne. Fausse déclaration intentionnelle = nullité du contrat (art. L113-8 du Code des assurances).
  2. Documenter précisément la nature de la récidive (resténose intra-stent, nouvelle lésion, événement sur autre territoire).
  3. Joindre le bilan cardio le plus récent + le projet de suivi à long terme du cardiologue.

Recours en cas de refus ou surprime jugée excessive

Si le devis est anormalement élevé ou si le dossier est refusé :

  1. Demander la motivation médicale écrite. L’assureur doit justifier sur des bases objectives.
  2. Saisir la commission de médiation AERAS (gratuite, examen sous 30 jours).
  3. Médiateur de l’ACPR en cas de litige sur l’application de la grille de référence.
  4. Mise en concurrence avec un courtier spécialisé en risques aggravés (Securimut, Magnolia) qui soumettra le dossier à 5-7 assureurs en parallèle.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Combien de temps après un infarctus peut-on souscrire une assurance emprunteur ?
L'examen est généralement repoussé à 6-12 mois après l'événement, le temps de la stabilisation et du bilan post-infarctus complet. Au-delà, la souscription est possible avec surprime, plafonnée par AERAS niveau 2. Pour les infarctus > 5 ans avec FEVG conservée et sans récidive, le tarif se rapproche du standard chez certains assureurs spécialisés.
Le droit à l'oubli s'applique-t-il après un infarctus ?
Non, le droit à l'oubli ne couvre pas les pathologies cardio-vasculaires. Il s'applique uniquement aux cancers et à l'hépatite C en rémission depuis plus de 5 ans. Pour l'infarctus, c'est la grille AERAS qui encadre les conditions d'accès, avec des délais variables selon la sévérité et la qualité de la récupération.
Une exclusion de garantie "récidive cardio-vasculaire" est-elle légale ?
Oui, c'est une pratique courante en niveau 2 AERAS, notamment pour les infarctus < 5 ans. L'exclusion porte sur le décès et la PTIA liés à une récidive du même territoire. Elle est limitée dans le temps (généralement 5 ans). Si l'exclusion proposée est trop large ou trop longue, demandez le passage en niveau 3 ou un autre assureur.
Quelle FEVG rassure les assureurs après un infarctus ?
FEVG > 50 % est le seuil qui rassure quasi-systématiquement les assureurs senior. Entre 35 et 50 %, le dossier passe en niveau 2 AERAS avec surprime importante. Sous 35 %, le dossier passe en niveau 3 voire est refusé. Le seuil critique est suivi sur écho cardiaque ou IRM cardiaque, à actualiser tous les 2-3 ans pour le suivi.
Le pontage coronarien aggrave-t-il la surprime vs l'angioplastie simple ?
Légèrement. À évolution équivalente, le pontage entraîne une surprime supérieure de 10 à 20 points par rapport à l'angioplastie. La logique : le pontage signale une atteinte coronaire plus diffuse à l'origine. À 5-10 ans, l'écart se réduit si la FEVG reste conservée et qu'il n'y a pas de récidive.
Mon traitement par anticoagulant pèse-t-il sur la surprime ?
Pas comme facteur principal, mais comme facteur de surveillance. Un anticoagulant prescrit après un infarctus avec FA secondaire ou thrombus ventriculaire signale un profil plus complexe. Le médecin-conseil regardera l'INR de surveillance ou l'observance de l'AOD. Si les bilans sont stables et l'observance bonne, l'impact sur la surprime reste contenu (+10 à +20 points).

Pour aller plus loin

Sources et références