Senior Emprunteur

AOMI et assurance emprunteur senior 2026

Artériopathie membres inférieurs et assurance emprunteur après 60 ans : grille AERAS niveau 2-3, surprimes selon stade Leriche, dossier vasculaire optimal.

Par Jérémy Chevalier Publié le Mis à jour le

Cet article fournit une information générale sur les modalités d’assurance emprunteur. Il ne remplace ni un avis médical (consultez votre médecin) ni un devis personnalisé (consultez un courtier ORIAS). La caution médicale humaine de cet article est en cours de mise en place.

L’artériopathie oblitérante des membres inférieurs (AOMI) toucherait environ 10 à 20 % des personnes de plus de 60 ans en France selon les estimations de la HAS et de la Société française de médecine vasculaire. Pathologie athéromateuse caractérisée par un rétrécissement des artères des jambes, elle se traduit par une claudication intermittente (stade II de la classification de Leriche-Fontaine), des douleurs de repos (stade III) ou des troubles trophiques voire ischémie critique (stade IV). L’AOMI est avant tout un marqueur de risque cardiovasculaire global : un patient AOMI a un risque accru d’infarctus, d’AVC et de mortalité cardiovasculaire.

En assurance emprunteur, ce profil est presque toujours classé en AERAS niveau 2 ou 3, car il témoigne d’une atteinte vasculaire diffuse. Le médecin-conseil va évaluer le stade Leriche-Fontaine, l’index de pression systolique cheville-bras (IPS), les comorbidités et la prise en charge thérapeutique. Le droit à l’oubli ne s’applique pas à cette pathologie. Une stabilisation prolongée sous traitement bien conduit reste néanmoins un argument important du dossier.

Spécificité de l’AOMI en assurance emprunteur

L’AOMI est rarement isolée : elle s’accompagne souvent d’HTA, de diabète de type 2, de dyslipidémie et de tabagisme actif ou ancien. Pour l’assureur, elle annonce un risque cardiovasculaire global majoré, ce qui justifie un classement systématique en niveau 2-3 d’AERAS. Les statistiques épidémiologiques montrent que la mortalité cardiovasculaire à 5 ans des patients AOMI symptomatiques est plus élevée que celle de la population générale du même âge.

Le droit à l’oubli issu de la loi Lemoine 2022 ne s’étend pas aux pathologies vasculaires non oncologiques. La grille AERAS actualisée peut néanmoins prévoir des conditions plus favorables pour les profils stabilisés depuis plusieurs années sans événement vasculaire majeur.

Critères médicaux d’évaluation

Le médecin-conseil étudie :

  • Classification de Leriche-Fontaine : stade I (asymptomatique avec abolition d’un pouls), II (claudication intermittente, IIa > 200 m, IIb < 200 m), III (douleur de décubitus), IV (troubles trophiques, ulcères, gangrène).
  • Index de pression systolique (IPS) cheville/bras : valeurs inférieures à 0,9 confirment l’AOMI ; IPS < 0,5 traduit une ischémie sévère.
  • Périmètre de marche sur tapis ou questionnaire de Rose.
  • Imagerie vasculaire : écho-doppler, angio-TDM, angio-IRM, artériographie le cas échéant.
  • Antécédents de revascularisation (angioplastie avec ou sans stent, pontage, endartériectomie) et délai depuis le geste.
  • Comorbidités : diabète, HTA, dyslipidémie, coronaropathie associée, antécédent d’AVC, tabagisme.
  • Traitement de fond : antiagrégant plaquettaire, statine, antihypertenseur, traitement du diabète.

Pièces médicales clés du dossier

Pour un dossier AOMI, prévoyez :

  • Compte-rendu d’angiologie ou de chirurgie vasculaire récent (moins de 12 mois).
  • Écho-doppler artériel des membres inférieurs avec mesure d’IPS.
  • Compte-rendu opératoire en cas de revascularisation.
  • Bilan lipidique récent (LDL cholestérol, HDL, triglycérides).
  • HbA1c si diabète associé.
  • ECG de repos ; éventuelle épreuve d’effort cardiologique.
  • Imagerie vasculaire complémentaire (angio-TDM, angio-IRM) si réalisée.
  • Lettre du cardiologue ou de l’angiologue traitant précisant la stabilité, l’observance, le sevrage tabagique et l’absence d’événement récent.

Surprimes constatées par profil

ProfilStade LericheSurprime décès indicativeGaranties ITT/IPT
60 ans, AOMI stade I (asymptomatique)I+25 % à +75 %Souvent acceptées avec exclusion vasculaire
63 ans, claudication > 200 mIIa+50 % à +125 %Exclusion cardiovasculaire fréquente
65 ans, post-angioplastie 18 moisIIb stable+75 % à +150 %Exclusion cardiovasculaire
68 ans, douleurs de reposIII+150 % à +300 %Exclusion quasi systématique
70 ans, ischémie critique ou amputationIVSouvent refus, AERAS niveau 3Exclusion

Quels assureurs privilégier

Sur les profils vasculaires, AFI ESCA dispose d’une expertise reconnue sur les pathologies cardiovasculaires complexes. Securimut peut accepter des dossiers stabilisés avec un dossier médical rigoureux. Magnolia et Réassurez-moi, en tant que courtiers spécialisés, font jouer la concurrence et orientent vers les réassureurs les plus ouverts sur les profils AERAS niveau 3.

Aucune de ces enseignes ne promet d’acceptation systématique. Le courtage ORIAS spécialisé reste la voie statistiquement la plus efficace pour éviter les refus prématurés.

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Cas pratique chiffré

Profil : homme de 65 ans, AOMI stade IIa stable, post-angioplastie fémorale superficielle il y a 18 mois sans complication, sevré du tabac depuis 3 ans, traitement par antiagrégant et statine. Emprunt de 180 000 € sur 10 ans à 3,5 %.

Une surprime de l’ordre de +100 % sur la garantie décès est plausible, soit un coût d’assurance qui passerait d’environ 0,40 % à 0,80 % du capital initial annuel hors plafonnement. Sur 10 ans, cela représente un surcoût cumulé indicatif de 3 600 € à 5 400 €. Si les conditions de ressources AERAS sont remplies, le mécanisme de plafonnement (1,4 % du taux d’intérêt) limite mécaniquement ce surcoût.

Ces tarifs sont indicatifs, basés sur des barèmes médians 2026. Ils ne constituent pas un devis personnalisé.

Recours en cas de refus

  • Demande écrite de passage en niveau 2 puis niveau 3 d’AERAS.
  • Médiation AERAS : commission de suivi et de propositions, en cas de mauvaise instruction.
  • Saisine de l’ACPR pour manquement déontologique.
  • Alternatives bancaires : nantissement d’un contrat d’assurance-vie, hypothèque, quotité 100 % sur le conjoint.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

L'AOMI ouvre-t-elle droit à l'oubli ?
Non. Le droit à l'oubli ne couvre que les pathologies cancéreuses et l'hépatite C virale guérie. L'AOMI, pathologie cardiovasculaire chronique, n'est pas concernée. Elle doit être déclarée dans le questionnaire de santé, quelle que soit l'ancienneté du diagnostic.
Une exclusion cardiovasculaire est-elle systématique ?
Sur les stades II avancé, III et IV, l'exclusion des affections cardiovasculaires en garantie ITT/IPT est très fréquente. La garantie décès reste généralement accordée moyennant surprime, sauf cas extrêmes (stade IV avec ischémie critique récente).
Quelles alternatives en cas de refus d'assurance pour AOMI ?
Recours au niveau 3 d'AERAS, médiation AERAS, alternatives bancaires (nantissement, hypothèque, quotité 100 % conjoint). Le passage par un courtier spécialisé en risques aggravés permet souvent d'identifier un assureur acceptant le dossier moyennant une surprime acceptable.
Quels marqueurs biologiques l'assureur regarde-t-il pour l'AOMI ?
Le critère central est le **stade Leriche-Fontaine** combiné à l'**IPS cheville/bras**. Sont également étudiés : le LDL cholestérol, l'HbA1c en cas de diabète, l'ECG, les comptes-rendus d'imagerie vasculaire, les antécédents de revascularisation et le statut tabagique.
Combien de temps prend l'instruction d'un dossier AERAS niveau 2-3 pour une AOMI ?
Le délai légal est de 3 semaines par niveau, soit 6 à 9 semaines cumulées au maximum. En pratique, comptez 4 à 8 semaines. Anticipez ce délai dans votre planning de signature de l'offre de prêt.

Pour aller plus loin

Sources et références