Senior Emprunteur

Cirrhose stabilisée et assurance emprunteur senior 2026

Cirrhose hépatique compensée et assurance emprunteur après 55 ans : grille AERAS niveau 2-3, surprimes selon score MELD, dossier hépatologique optimal.

Par Jérémy Chevalier Publié le Mis à jour le

Cet article fournit une information générale sur les modalités d’assurance emprunteur. Il ne remplace ni un avis médical (consultez votre médecin) ni un devis personnalisé (consultez un courtier ORIAS). La caution médicale humaine de cet article est en cours de mise en place.

La cirrhose hépatique est l’aboutissement de nombreuses pathologies hépatiques chroniques (hépatite virale C ou B, consommation d’alcool, stéatohépatite non alcoolique dite NASH/MASH). En France, on estime à plusieurs centaines de milliers le nombre de patients atteints, selon Santé publique France et l’INSERM. Le pronostic dépend fortement du stade : la cirrhose compensée (stade Child-Pugh A, score MELD bas) a une espérance de vie longue ; la cirrhose décompensée (ascite, ictère, encéphalopathie, hémorragie variqueuse) est associée à une mortalité élevée à court terme. Le carcinome hépatocellulaire est une complication majeure quel que soit le stade.

En assurance emprunteur, la cirrhose, même compensée et stabilisée, est presque systématiquement classée en AERAS niveau 2 ou 3. Le médecin-conseil va examiner l’étiologie, le stade Child-Pugh, le score MELD, les complications passées et le suivi. Le droit à l’oubli ne s’applique pas à la cirrhose en tant que telle. Il s’applique toutefois à l’hépatite C virale guérie sous-jacente, ce qui peut améliorer la situation.

Spécificité de la cirrhose en assurance emprunteur

La cirrhose est un facteur de risque assurantiel majeur car elle combine plusieurs dimensions : risque de décompensation aiguë (ascite, hémorragie digestive, encéphalopathie), risque de carcinome hépatocellulaire (dont le suivi par échographie semestrielle et alpha-fœtoprotéine est recommandé), comorbidités fréquentes (diabète, dénutrition, insuffisance rénale).

Le droit à l’oubli issu de la loi Lemoine 2022 ne couvre que les cancers et l’hépatite C virale guérie. Une cirrhose post-VHC guérie depuis plus de 5 ans, sans décompensation et sans hépatocarcinome peut bénéficier d’un examen plus favorable car l’étiologie virale est éteinte, mais la cirrhose elle-même reste déclarable. Pour les autres étiologies (alcoolique, NASH, auto-immune), le droit à l’oubli ne s’applique pas.

Critères médicaux d’évaluation

Le médecin-conseil examine :

  • Étiologie de la cirrhose : virale (VHC, VHB), alcoolique, NASH/MASH, auto-immune (CBP, hépatite auto-immune), génétique (hémochromatose, Wilson).
  • Statut de l’étiologie : VHC guérie sous antiviraux directs ? Sevrage alcoolique daté ? VHB sous antiviral indétectable ?
  • Score Child-Pugh : A (compensée), B (décompensée modérée), C (décompensée sévère).
  • Score MELD (Model for End-Stage Liver Disease).
  • Bilan biologique : albumine, INR/TP, bilirubine, créatinine, plaquettes.
  • Présence de varices œsophagiennes (gastroscopie de dépistage).
  • Antécédents de décompensation : ascite, hémorragie digestive, encéphalopathie hépatique, ictère.
  • Suivi du carcinome hépatocellulaire : échographie semestrielle, alpha-fœtoprotéine.
  • Greffe hépatique éventuelle (orientation alors vers un dossier post-transplantation).

Pièces médicales clés du dossier

  • Compte-rendu hépatologique récent (moins de 12 mois).
  • Bilan biologique récent : INR, albumine, bilirubine, créatinine, NFS, ALAT, ASAT, GGT, alpha-fœtoprotéine.
  • Compte-rendu de fibroscopie œso-gastro-duodénale (varices ?).
  • Échographie hépatique récente (recherche de nodule).
  • TDM ou IRM hépatique si un nodule a été détecté.
  • Comptes-rendus de décompensation éventuels.
  • Lettre de l’hépatologue traitant précisant l’étiologie, le statut Child-Pugh, l’absence de complications récentes, le sevrage alcoolique éventuel.

Surprimes constatées par profil

ProfilStadeSurprime décès indicativeGaranties ITT/IPT
60 ans, cirrhose post-VHC guérie, Child A, MELD < 10Compensée+75 % à +150 %Exclusion hépatique élargie
62 ans, cirrhose alcoolique sevré 3+ ans, Child ACompensée stabilisée+100 % à +200 %Exclusion hépatique
65 ans, cirrhose NASH, Child A, antécédent d’ascite contrôléeLimite+175 % à +275 %Exclusion souvent élargie
65 ans, Child B sans antécédentDécompensée modéréeSouvent refus, AERAS niveau 3Exclusion
65 ans, Child C ou hépatocarcinome récentDécompensée sévèreRefus quasi systématiqueRefus

Quels assureurs privilégier

Sur les profils cirrhose compensée, AFI ESCA et Securimut sont régulièrement cités par les courtiers comme acceptant des dossiers Child A stabilisés avec sevrage avéré. Magnolia et Réassurez-moi, en tant que courtiers ORIAS spécialisés en risques aggravés, font jouer la concurrence sur l’ensemble du marché AERAS.

Aucune de ces enseignes ne garantit l’acceptation. Le courtage ORIAS spécialisé reste la voie la plus efficace.

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Cas pratique chiffré

Profil : homme de 62 ans, cirrhose post-VHC guérie depuis 6 ans (sustained virologic response), Child-Pugh A5, MELD 8, sans décompensation, échographie semestrielle normale, alpha-fœtoprotéine normale. Emprunt de 180 000 € sur 10 ans à 3,5 %.

Une surprime de l’ordre de +125 % sur la garantie décès est plausible, soit un coût annuel passant d’environ 0,40 % à 0,90 % du capital. Sur 10 ans, le surcoût cumulé indicatif s’établit autour de 4 500 € à 7 200 €. Le mécanisme de plafonnement AERAS peut s’appliquer si conditions de ressources remplies.

Ces tarifs sont indicatifs, basés sur des barèmes médians 2026. Ils ne constituent pas un devis personnalisé.

Recours en cas de refus

  • Demande écrite de niveau 2 puis niveau 3 AERAS.
  • Médiation AERAS en cas de mauvaise instruction.
  • Saisine de l’ACPR.
  • Alternatives bancaires : nantissement, hypothèque, quotité 100 % sur le conjoint.

Questions fréquentes

Questions fréquentes

La cirrhose ouvre-t-elle droit à l'oubli ?
Non, la cirrhose elle-même n'est pas couverte. En revanche, si la cirrhose est secondaire à une **hépatite C virale guérie**, l'hépatite C entre dans le périmètre du droit à l'oubli (loi Lemoine 2022). La cirrhose reste néanmoins déclarable comme antécédent. C'est un point fin à expliciter dans le questionnaire de santé.
Une exclusion hépatique est-elle systématique ?
Oui dans la quasi-totalité des cas sur la garantie ITT/IPT. L'exclusion couvre généralement l'ensemble des affections hépatiques et leurs complications, y compris l'hépatocarcinome. La garantie décès reste possible sur les profils Child A stables, moyennant une surprime.
Quelles alternatives en cas de refus d'assurance pour cirrhose ?
Niveau 3 AERAS, médiation, alternatives bancaires (nantissement d'assurance-vie, hypothèque, quotité 100 % conjoint). Un courtier spécialisé est particulièrement utile car les politiques d'acceptation varient fortement selon l'étiologie et le stade Child-Pugh.
Quels marqueurs biologiques l'assureur regarde-t-il pour la cirrhose ?
Le médecin-conseil étudie principalement : le **score Child-Pugh** (albumine, bilirubine, INR, ascite, encéphalopathie), le **score MELD** (créatinine, bilirubine, INR), les **plaquettes**, l'**alpha-fœtoprotéine**, les antécédents de décompensation et l'étiologie sous-jacente. La présence ou non de varices œsophagiennes est aussi évaluée.
Combien de temps prend l'instruction d'un dossier AERAS niveau 2-3 pour une cirrhose ?
Le délai légal est de 3 semaines par niveau, soit 6 à 9 semaines maximum cumulées. En pratique, 4 à 8 semaines. Anticipez dans le planning de signature de l'offre de prêt.

Pour aller plus loin

Sources et références